journal
Paradise Metal : compilation DIY et liturgie byzantine
Père Dionysios Tabakis est un prêtre orthodoxe de 53 ans officiant à Nauplie dans le Péloponnèse. On le voit sur la couverture de l’album dans un cadre orné de roses flottant dans un beau ciel bleu, robe noire et barbe blanche. Rien de bien surprenant si ce n’est sa big guitare électrique noire pointée vers le ciel qu’il tient dans ses bras.
Consulter les autres articles
Du lit du 18e à la vie de château : l'odyssée Drop! de Turzi Gage.
Entre les murs d’un appartement-studio du 18e, allongé sur un lit au milieu des machines, le duo Turzi Gage renaît. Après dix ans de silence, Romain et Oliver nous ouvrent les portes de leur intimité pour raconter Drop! : un album né d’une amitié de 25 ans, une épopée thérapeutique entre sessions de chambre et vie de château.
Interview : Camille-Amandine Marino, se révéler par la création
"Ses images me parlent immédiatement. Beaucoup de femmes y sont représentées, souvent nues, mais non pas de la façon dont un homme l’aurait fait. C’est sûrement ça qui me plaît d’ailleurs. Il y a quelque chose de différent, presque inversé, comme si ces corps étaient montrés non pas tels qu’un homme pourrait les regarder, mais tels qu’une femme pourrait les ressentir".
19/03/2026
Interview : Basile Pelletier, penser en images
Ça me fait toujours un petit truc de me rendre compte de la façon qu’ont les choses et les événements de la vie de se recouper, de se croiser. Ça fait plusieurs années (au moins 3) que je croise Basile à travers son ami Axel (aka knfGabbana dont vous pouvez lire l’itw ici) mais sans jamais se parler, juste j’identifie qui il est. Je vois ses photos sur instagram et je trouve ça carrément cool, carrément pro surtout, ses mises en scène me font penser à Jeff Wall et ses photos sous l’eau à cette fameuse cover de Weyes Blood. Bref, j’observe de loin. Jusqu'à ce que nos chemins se croisent pour de bon. De cette rencontre naît l'idée de bosser ensemble sur une exposition où il partagera l'affiche avec son amie Camille-Amandine Marino. (on aura l’occasion d’y revenir). C’était donc l’occasion de discuter avec lui et l’équipe de Bleu Minuit autour d’un café, au soleil en terrasse à Pigalle, à domicile pour lui finalement.
17/03/2026
Il faisait nuit encore
L'exposition « Il faisait nuit encore » s'est tenue du 27 au 29 mars 2026.
Le titre de l'exposition, « Il faisait nuit encore », résonne comme le début d'un récit ou d'un rêve. Le projet est né du retour vers une maison de vacances familiale, théâtre des premières expériences artistiques des deux artistes lors de l’adolescence, et aujourd'hui sur le point d'être vendue. Dans ce décor familier devenu incertain, le regard s'est déplacé. Sous la surface de l’eau et dans le souffle des rideaux à l’aube, affleure une réalité trouble.
(photo : Camille-Amandine Marino & Basile Pelletier, C'était sous le figuier devant la chambre bleue, 2025)
Qu'attendre d’un EP intitulé “musique de la peste” ?
Une expérience courte donc puisque seulement 14 minutes, mais qui montre l’envergure de la production de Kavari. Un son surpuissant, terrifiant et viscéral, dont on a du mal à ne pas augmenter le volume pour être noyé dans le chaos. La carte de visite parfaite, et une superbe B.O pour les temps affreux que nous vivons en ce moment.
La collaboration de Paul Éluard & Man Ray : un dialogue entre poésie et image
Dans Facile (1935), Man Ray photographie Nusch, et Paul Éluard écrit à partir de ces images. Le corps devient le centre du livre, mais il n’est jamais figé ; il est fragmenté, éclairé autrement, parfois caché. Les poèmes ne décrivent pas les photos, et les photos n’illustrent pas les poèmes. Ils se répondent, se déplacent, se transforment l’un par l’autre.
22 janvier 2026
Araki, Polaroïds intimes et le secret d'une vie qui devient art
Au cours des dernières semaines, j’avoue m'être rendue plusieurs fois à l’exposition consacrée par le musée Guimet aux Polaroïds d’Araki, entièrement composée d’un unique don du collectionneur Stéphane André. Près de 1000 Polaroïds, réalisés entre la fin des années 90 et 2024, accrochés côte à côte, coexistent dans une saturation de l’espace visuel et matérialisent l’imaginaire vivant du photographe.
Face à ce mur, je me sens face à une œuvre d’art totale qui me touche et qui fait écho à toutes celles du photographe qui l’ont précédée. Mais qu'est-ce que tout cela signifie, au fond ?
Rick Owens x Gustave Moreau
Rick Owens et Gustave Moreau semblent venir de deux mondes opposés. Le premier est un créateur de mode contemporain au style sombre et radical, le second un peintre symboliste du XIXᵉ siècle, fasciné par les mythes et le sacré. Pourtant, leurs œuvres se rejoignent dans une même idée du beau : un beau qui dérange, qui questionne et qui dépasse les normes. Dans l’exposition Temple of Love au Palais Galliera, les silhouettes sculpturales d’Owens côtoient les toiles mystiques de Moreau. Entre un manteau de cuir noir et une Salomé dansante, un lien se tisse : celui d’une beauté à la fois spirituelle et charnelle, où le corps devient un lieu de tension entre pureté et transgression.
Quand Gerhard Richter peignait la mort
Le 17 Octobre 1977, trois prisonniers terroristes de la RAF meurent dans leurs cellules à Stammhein en Allemagne, lançant un débat national. Douze ans plus tard, Gerhard Richter, alors en plein dans sa période abstraite, choisit de les peindre : 15 toiles grises et floues où la mort est omniprésente, froide et dont il est impossible de détourner le regard.
Pourquoi ce choix ? Julien s’est penché sur le sujet, et montre comment Richter, avec beaucoup d’ambiguïtés, s’empare d’un sujet éminemment politique pour mettre en image la mort.
25/10/2025
Que se cache-t-il derrière les brumes de Julien Heintz ?
Sur la toile, le voile s'est épaissi sur les visages, dont il ne reste plus que l'architecture. Aucun regard ne perce jusqu'à nous. Je distingue clairement une figure, mais je ne vois personne. Pour sa dernière exposition Residual Moments, présentée il y a quelques semaines à la galerie Mennour, son iconographie est uniquement constituée d’extraits vidéo de 4 à 15 secondes. La notion d'instant, de temporalité, est donc essentielle et remplace la notion d’individualité, traditionnellement associée au portrait.
Andy Stott : les tréfonds du groove
Dans We Stay Together, on a l'impression d'écouter quelque chose qui va disparaître, ou qui a déjà disparu. Des bribes de souvenirs et de sons perdus dans les limbes, distillés sous d’épaisses nappes de basses asphyxiantes. Et c’est terriblement beau.
13/10/2025
Anaïs Tondeur : matérialiser une catastrophe invisible
Devant les photographies d’Anaïs Tondeur, je n’ai pas l’impression de regarder une image, mais d’entrer dans la matière de ses sujets. On frôle un désastre qui d’ordinaire se dérobe à l’œil nu. Ses œuvres ne se contentent pas de représenter le réel mais en capturent les traces invisibles. Anaïs Tondeur est une photographe française dont la pratique se situe à la croisée de l’art et de la science. Mais réduire son travail à ces catégories serait trop simple.
Blue Movie : La Censure, Dernier Acte de Création d'Andy Warhol.
Andy Warhol, c'est un véritable prophète : celui du Pop Art bien sûr, de l'artiste businessman, mais aussi, paradoxalement, celui d'un certain esprit "New York" Underground. Warhol, c’est la rencontre explosive de deux mondes : l’Uptown, qui incarnait la richesse classique, et le Downtown, qui était le terrain fertile de l'expérimentation artistique. Près de quarante ans après sa mort, il est temps pour moi d’avouer que je me suis trompé sur lui...
Liza Lacroix, XXX, she's so beautiful
Liza Lacroix brouille les lignes, la perception et l’interprétation de ses œuvres ainsi que de sa personne. Qui est-elle et de quoi parle-t-elle ? Difficile de trouver une réponse dans ses communiqués cryptiques et ses toiles sombres, et ce n’est pas plus mal.
Julien Françon a visité l’exposition de l’artiste en cours à la galerie Chantal Crousel et témoigne d’une expérience déconcertante, entre perception de l’espace, de la lumière et une impression de voyeurisme étrange tout du long.
29/09/2025
Le Palace,Playboy & Roland Barthes
J'avoue que je n'aurais jamais pensé pouvoir regrouper ces trois noms dans un même titre. L'imaginaire collectif, et le mien, séparait involontairement Roland Barthes — intellectuel, auteur, critique littéraire et professeur au Collège de France — de la boîte de nuit parisienne la plus branchée des années 80 ou de la presse masculine érotique. Jusqu'à ce que je tombe par hasard sur un essai intitulé "Au Palace ce soir", une véritable déclaration d'amour aux silhouettes dansantes, écrit par Barthes dans un numéro de Vogue Hommes de 1978. La boîte de nuit y est décrite comme le théâtre de la danse et de la musique bien sûr, mais aussi et surtout de l'art et du rêve. Il ne m'en aura pas fallu plus pour attiser ma curiosité et replonger dans les premiers enseignements de notre penseur sur la valeur du Mythe ou la beauté d'une construction culturelle hybride.
Thomas Struth : technologie, évolution et pouvoir
En quoi ces photos de câbles, de machines de pointes et de sous-terrains du CERN diffèrent-elles de la photographie scientifique pure ? Quels sont les messages de ces grands formats de laboratoires nucléaires, où aucun humain n'est visible ?Julien Françon a parcouru le travail du photographe allemand Thomas Struth pour recontextualiser sa série la plus récente "Nature & Politics" et montrer que l'humain y est en réalité omniprésent et que ces structures sont les témoins de nos avancées, comme de nos paradoxes.
05/09/2025
SUCK : le premier magazine sexuel européen
Une faille, rien de plus, juste une faille ! Ceci aura suffi pour que le magazine SUCK, produit à Amsterdam à destination du Royaume-Uni, et autoproclamé premier magazine sexuel européen, entame un véritable bouleversement. SUCK c’est un drôle de mélange entre acte politique, innovation graphique, pornographie intellectuelle, amour libre et sexualité queer décomplexée. SUCK c’est un geste, une provocation, une philosophie, une révolution érotique et glamour en totale opposition avec les valeurs de la classe moyenne de l’époque.
07/09/2025
interview knfGabbana : rareté et sincérité
Si l’état d’esprit de son premier album était, je cite “je vous encule, et en même temps je suis un mec triste”, avec Etais tu si rare, on touche à quelque chose de beaucoup plus profond, et c’est palpable sur la globalité de l’album. La démarche de création n’était pas tout à fait la même d’ailleurs : “Je me bats pour la sincérité dans la musique. En tout cas je me bats pour la mienne c’est certain. Et je voulais faire un album plus intime”. Et effectivement, on sort de l’écoute de ces 7 pistes avec un sentiment de mélancolie très prononcé, mais aussi et surtout celui de l’espoir. Ça fait rêver, ça donne envie de créer, ça me procure (à moi et je l’espère bientôt à vous) une envie de réussir.
16/01/2025
Prenez une leçon de plaisir avec Life Without Buildings
Lorsque j’ai entendu pour la première fois l’unique album studio de Life Without Buildings, intitulé Any Other City, il fallait que j’écrive quelque chose pour partager cet album avec vous. Je dois avouer qu’il n’est pas facile de poser des mots sur un tel OVNI, sans tomber dans une analyse musicale pure ou dans une liste bateau de synonymes pour dire « c’est cool ». Parce que oui, cet album est très, très cool, tant pour sa musique que pour l’amitié de ses membres. Aujourd’hui, je crois qu’on peut même officiellement en parler comme d’un album de référence du post-punk et de l’indie-rock. Mais alors, comment ce groupe, avec seulement 10 titres, a-t-il pu autant marquer son genre musical et son public ?
18/10/2024
le son étrangement festif des ninos do brasil
"Cet album EST une expérience unique. Il capture une énergie tellement étrange, mais addictive, on a l’impression d’entrer dans un monde parallèle, drogué aux percussions qui sonnent dans tous les sens, des voix éparses qui crient et chantent, nous hantent. Ça fait peur, mais ça donne envie de faire la fête aussi, c’est un feeling unique, une boiler room sauvage parsemée de folk horror ? Ça me plaît comme description."
07/08/2024